Durant l’été, de nombreuses possibilités s’offrent aux personnes qui poursuivent des études professionnelles ou de maîtrise à l’une des plus importantes universités du Canada. Voilà pourquoi nous encourageons les titulaires d’une bourse McCall MacBain à profiter de cette période pour relever des défis, sortir de leur zone de confort et élargir leurs horizons.
Si certain·e·s continuent d’étudier à temps plein pendant l’été, d’autres profitent d’occasions de perfectionnement professionnel ou d’apprentissage par l’expérience. Pour soutenir les activités estivales de ses boursier·ère·s, le programme offre jusqu’à 5 000 $ dans le cadre de trois types de subventions :
- Subvention de recherche – Les personnes qui étudient dans un programme de maîtrise avec mémoire peuvent obtenir jusqu’à 2 500 $ pour soutenir leurs travaux de recherche.
- Subvention pour l’apport communautaire – Les personnes qui effectuent un travail non rémunéré ou sous-payé pour un organisme ou un projet ayant peu de ressources peuvent obtenir jusqu’à 2 500 $ à titre de supplément de revenu si leur travail constitue une occasion exceptionnelle de contribuer à la communauté.
- Subvention de déplacement – Les personnes qui comptent travailler dans une autre région du pays ou à l’étranger (dans un pays où elles n’ont jamais habité) pour une durée minimale de dix semaines peuvent recevoir jusqu’à 2 500 $.
Les boursier·ère·s qui veulent approfondir leurs expériences d’apprentissage et de travail entre leur première et leur deuxième année d’études peuvent présenter leur candidature afin d’obtenir l’une de ces subventions.
Nous avons demandé à des titulaires d’une bourse McCall MacBain de nous parler de leurs expériences estivales afin d’inspirer d’éventuel·le·s boursier·ère·s à suivre leur exemple.
Wala Al-Sadi – Maîtrise en sciences de l’information
Cet été, Wala a travaillé comme archiviste stagiaire honoraire au Cimatheque Alternative Film Center, au Caire. Elle y a restauré et catalogué des films et des archives papier du cinéma alternatif égyptien. En deux mois, elle a catalogué plus de 200 documents de différentes collections et réparé plusieurs bobines de film.



Cet été, en Égypte, j’ai vécu des moments exceptionnels, remplis de cinéma, d’attention, de bonne nourriture et de musique. J’ai travaillé comme archiviste stagiaire honoraire à la Cimatheque Alternative Film Center, en plein cœur du centre-ville du Caire. J’ai pu y réparer et cataloguer des films et des archives papier du cinéma alternatif égyptien. En deux mois, j’ai inventorié plus de 200 documents tirés de différentes collections et restauré plusieurs bobines de film. J’ai aussi eu la chance de participer à différentes activités liées à l’utilisation des archives. J’ai notamment collaboré au projet Letters from the Archives, où nous avons invité huit cinéastes à réaliser un film épistolaire à partir de leurs archives personnelles et de celles de la Cimatheque.
En plus de profiter de cette expérience professionnelle, j’ai visité le Grand Musée égyptien, qui est le plus grand au monde consacré à une seule civilisation. J’ai aussi pu admirer la beauté des châteaux, des palais et des œuvres d’art islamiques qu’on trouve partout dans la ville. Durant mon séjour au Caire, la ville de l’amour, du cinéma, de la gastronomie et du divertissement, j’ai été fascinée par la façon dont l’histoire et le futur s’y rencontrent. J’ai pu échanger avec plusieurs archivistes et cinéastes qui travaillent dans mon domaine et qui m’ont appris énormément de choses. J’ai saisi l’importance de se lancer dans un projet malgré les contraintes comme le financement. Les producteurs et les artistes indépendants du cinéma alternatif sont essentiels à l’existence, au développement et à la pérennité de l’industrie dans le monde.
Je me reconnais dans de telles communautés, qui savent trouver le juste équilibre entre culture et narration, tout en prenant des risques. Je suis revenue à Montréal remplie d’amour et de gratitude. J’ai eu l’impression de vivre dans un rêve magnifique cet été.
Justin Goldberg (2025) – Maîtrise en neurosciences
Justin a consacré tout l’été à ses travaux de recherche. Son mémoire de maîtrise en neurosciences a pour objet d’évaluer les liens entre la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr) et les changements observés dans les résultats cliniques de personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Il espère compléter son analyse de données cet automne afin de pouvoir présenter ses constats à des colloques en neurosciences en 2027.

J’ai eu le grand privilège de me consacrer entièrement à mes travaux de recherche durant l’été, ce qui m’a permis d’avancer rondement dans la rédaction de mon mémoire de maîtrise. L’objet de ma recherche est d’évaluer les liens entre la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr), réalisée à l’aide de la technique des champs électromagnétiques pulsés (CEMP), et les changements observés dans les résultats cliniques de personnes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Comme je suis en train de finaliser mon analyse de données, j’espère terminer mon mémoire d’ici la fin de l’automne afin de pouvoir présenter mes constats à des colloques nationaux et internationaux en neurosciences en 2027.
Par ailleurs, lors de mon stage d’observation auprès du Dr Hyman Schipper, mon superviseur à la clinique Neurothérapie Montréal, j’ai eu la chance unique de mettre ma recherche en pratique en effectuant une SMTr sur des patients atteints de divers troubles neurologiques et psychiatriques. Je suis très reconnaissant d’avoir pu contribuer à ce travail important dans le domaine de la neuromodulation, tout en acquérant une expérience solide pour la réalisation de mes ambitions de carrière en psychiatrie.
Daria Goptsii (2025) – Maîtrise en informatique
Daria a effectué un stage estival au National Institute of Informatics de Tokyo, où elle a travaillé sur la reconnaissance de la langue des signes japonaise (LSJ). Elle a constaté que le laboratoire « adapte ses communications et ses processus de travail aux besoins des chercheuses et chercheurs sourds et considère à juste titre leur savoir-faire comme une source fondamentale ». Le résumé détaillé du laboratoire sur l’analyse cinématique de l’espace de signation dans le corpus de LSJ a été retenu pour être présenté en août dernier au BU-SHI Workshop, à Kitakyûshû.



Deux des chercheurs sourds de notre laboratoire apprennent la langue ukrainienne par eux-mêmes.
J’ai découvert cela dans le TGV vers Tokyo, lorsque celui qui était assis à côté de moi a nonchalamment sorti un manuel d’ukrainien. Je n’en revenais pas. Il a commencé à apprendre cette langue en 2022, après le début de l’invasion à grande échelle de ce pays. Le livre a attiré l’attention de l’autre chercheur, qui est venu quelques jours plus tard à mon bureau pour me montrer avec fierté l’exemplaire qu’il s’était procuré. Nous avons longuement discuté de langues, et je lui ai dit que l’Ukraine n’a malheureusement pas encore de grand corpus de LSU annoté et accessible pour la recherche, comme celui de LSJ que nous utilisons au laboratoire.
Il a souri et m’a répondu : « Fais-en un, alors. » Je ne cesse de penser à cela depuis.
Pour expliquer ma réaction, je dois raconter ce qui s’est passé il y a huit ans.
Lors d’un camp d’été, une bénévole est venue nous enseigner quelques signes de la LSU et nous parler de la culture sourde en Ukraine. Je ne me souviens pas de son nom ni des raisons pour lesquelles la langue des signes comptait tant pour elle. Mais ces quelques signes m’ont donné le courage d’aller me présenter à un camarade de classe sourd, deux ans plus tard, durant ma première année d’université.
Personne n’avait prévenu la professeure qu’il y aurait un étudiant sourd dans son groupe. Lorsque ce dernier n’a pu répondre à l’appel des présences, elle a regardé la classe, sans trop savoir quoi faire. Il n’y avait aucune mesure d’accessibilité à l’université à cette époque : pas d’enregistrements des cours ni de sous-titres. Six mois plus tard, le jeune homme m’a dit qu’il avait décidé d’abandonner ses études.
Cette situation m’est restée en tête et j’ai commencé à accorder plus d’attention aux technologies inclusives.
Quatre ans plus tard, je suis devenue mentore d’une équipe de filles d’une école secondaire ukrainienne pour le Technovation Challenge. Lorsqu’elles m’ont dit qu’elles avaient été témoins de situations semblables dans leur communauté, le choix du projet s’est imposé. Ensemble, nous avons conçu Heart in Gestures, une plateforme d’apprentissage de l’alphabet LSU. J’étais tellement fière de mes mentorées. Elles ont remporté le concours et lancé depuis un site web, qu’elles travaillent à améliorer en collaboration étroite avec la communauté sourde d’Ukraine.
Voilà pourquoi j’ai effectué cette année un stage d’été au National Institute of Informatics de Tokyo, où j’ai travaillé sur la reconnaissance de la LSJ. J’ai constaté que le laboratoire adapte ses communications et ses processus de travail aux besoins des chercheuses et chercheurs sourds et considère à juste titre leur savoir-faire comme une source fondamentale. Notre résumé détaillé sur l’analyse cinématique de l’espace de signation dans le corpus de LSJ a été retenu pour être présenté en août au BU-SHI Workshop, à Kitakyûshû.
Un jour, j’aimerais effectivement établir un corpus de données pour la LSU afin de rendre ce type de recherche possible et de faciliter l’accès des personnes sourdes à l’éducation en Ukraine.
Hamza Ashfaq (2025) – Maîtrise en administration des affaires
Cet été, Hamza a travaillé avec un chercheur et une chercheuse du Département de génie mécanique de McGill, qui ont démarré une entreprise pour rendre les activités de foresterie plus sûres, plus productives et plus durables. En août dernier, l’entreprise a mis à l’essai son produit minimal viable (PMV) sur le terrain et Hamza a participé activement au processus de conception créative visant à en faire un produit commercialisable.
Durant ma première année de maîtrise, j’ai constaté un écart entre l’innovation scientifique et le sens des affaires au sein de l’écosystème entrepreneurial de McGill. Dans le but de combler cet écart, je me suis porté volontaire pour travailler avec un chercheur et une chercheuse du Département de génie mécanique, qui ont démarré une entreprise pour rendre les activités de foresterie plus sûres, plus productives et plus rentables. En collaboration avec quelques partenaires du secteur, ils exploitent les données qu’ils ont recueillies afin de rendre les véhicules forestiers semi-autonomes. Les deux possèdent une formation technique poussée et une expertise en recherche dans les domaines de la robotique, de l’IA et des véhicules autonomes. Je leur ai prodigué des conseils sur leur entreprise et sur leur stratégie financière.
J’ai passé l’été à me familiariser avec l’entreprise et son secteur d’activité. Par la suite, j’ai combiné ces connaissances avec mon savoir-faire en finances pour bâtir un modèle financier qui aidera l’entreprise à réunir des capitaux et à effectuer le suivi de sa trajectoire de croissance. Dans le cadre de ce travail, j’ai nettoyé leurs données comptables pour établir les états financiers antérieurs. De plus, j’ai résumé l’histoire de l’entreprise dans un document de présentation, que j’ai adapté en plusieurs versions pour différentes parties prenantes, telles que des investisseurs, des organismes gouvernementaux et des clients potentiels. J’ai aussi travaillé avec un stagiaire pour réduire le nombre d’investisseurs potentiels que l’entreprise devrait approcher. Actuellement, je tente de solliciter des membres de mon réseau pour faciliter les présentations.
En août, l’entreprise a mis à l’essai son produit minimal viable (PMV) sur le terrain et j’ai participé activement au processus de conception créative visant à en faire un produit commercialisable. Cette expérience m’a permis d’explorer davantage l’entrepreneuriat et m’a motivé à continuer de collaborer avec des chercheurs scientifiques pour bâtir des entreprises viables qui contribuent à la société. Grâce au soutien des Bourses McCall MacBain, j’ai réussi à travailler avec une petite équipe, à orienter sa stratégie commerciale estivale et à développer l’appétit du risque dont j’avais besoin pour saisir les nouvelles occasions qui se présentent.
Nina Zepcan (2025) – Maîtrise en sciences de l’information
Nina vient d’Australie. Elle a passé l’été à travailler au Lieu historique national du Manoir-Papineau, situé à Montebello, au Québec. Elle accueillait des touristes du monde entier dans la chapelle, ouverte depuis peu. Pour en savoir plus sur son expérience, lisez son article sur Substack.